Peser n’a jamais été aussi simple
Dans son hypermarché de Zemst, Carrefour teste une balance pour fruits et légumes dotées d’intelligence artificielle. Alors j’entends déjà certains dire que « l’intelligence artificielle pour l’instant on en met partout », « un petit algorithme et c’est de l’IA », ou encore « est-ce vraiment nécessaire d’en mettre tout le temps, bientôt on va me servir un café avec de l’IA? »… et bien, ne vous méprenez pas. Dans ce cas présent, il s’agit d’une évolution simple, concrète et utile pour le retailer et le parcours client. Vous allez comprendre dans ces prochaines lignes et en images.
Le principe
Lorsque vous achetez des fruits ou légumes en vrac, il vous faut les peser, sélectionner via un écran tactile de quel article il s’agit et ensuite faire imprimer une étiquette de prix correspondante qui vous donne le prix au poids, le barcode etc. Une action simple maitrisée par les consommateurs depuis des années. Oui…mais… Lorsque vous achetez une banane, c’est simple, il n’y en a pas dix mille sortes. En revanche, lorsque vous achetez des pommes de terre ? Parfois vous pourriez confondre mandarine avec clémentine, voire même des oranges. Et les articles un peu moins connus ? Le gingembre, dans quelle catégorie vais-je le trouver sur mon écran tactile ? (Pour ceux qui se le demande, c’est dans les légumes, section légumes exotiques ;-).
Bref, cette nouvelle balance avec intelligence artificielle vient à la rescousse. L’idée est simple. La balance destinée à peser les fruits et légumes vendus en vrac est maintenant dotée d’une caméra et d’une base de données photos d’articles. En clair, lorsque vous mettez une banane dans le panier, la balance va reconnaitre qu’il s’agit d’une banane et le client n’a plus à chercher dans le menu de l’écran tactile. De plus en l’utilisant de plus en plus, et en prenant encore des photos, grâce à l’IA, cette balance va apprendre et encore peaufiner ses connaissances des articles des rayons fruits et légumes.
Des challenges pour l’IA ?
Il s’agit encore d’une phase test et la balance apprend encore tous les jours. Il y a des articles qui peuvent poser problèmes. Pensez par exemple aux patates douces. Elles ont des formes différentes et des couleurs différentes parfois. Les citrons, idem, ils ne sont pas encore totalement jaune parfois et les traces vertes pourraient faire douter la caméra. Ensuite pensez à une tomate cœur de bœuf et un poivron rouge…
Et les articles dans les sacs ? Comme vous et moi, personne ne sait voir à l’œil nu à travers un sac (sauf Superman et Chuck Norris bien entendu). Et donc, dans ce cas, il est demandé de placer sur la balance le sac avec un des articles en dehors pour que la caméra puisse faire son office.
Bref, la base de données doit encore s’enrichir et c’est le cas lors de ce test.
Une idée simple, mais avec des avantages
Pour le consommateur, il s’agit d’un gain de temps et cela lui facilite la tâche : plus besoin de chercher, de se poser la question de la catégorie, ou encore au niveau de la langue…
De plus, le système permet de diminuer et prévenir les fraudes éventuelles (accidentelles ou intentionnelles), réduire les erreurs et donc aussi le nombre de mauvaises étiquettes imprimées.
Également, pour le retailer, il y a des avantages. Cette balance n’est pas tellement plus chère que les balances utilisées jusqu’à présent. De plus, comme les fruits et légumes sont des produits statiques, il ne faut pas une connexion continue à une base de données d’articles qui doit être updatée en continu. Le système peut tourner localement, et ne requiert un update et une connexion à un serveur central que lorsque les prix sont modifiés.
Dans le futur, les fournisseurs de balances, ainsi que de nombreux spécialistes sont convaincus que les balances intelligentes deviendront la norme et les appareils classiques vont disparaitre. Pour Carrefour qui est actuellement en phase de remplacement de son parc actuel de balance, il est logique de faire ce test aujourd’hui et sans doute que l’introduction des balances intelligentes se fera au fur et à mesure dans un futur proche. Les premiers retours du terrain, tant des consommateurs que du personnel du magasin, sont tous positifs.
My 20/CENT la tomate fruit ou légume ?
Pour mettre tout le monde d’accord, voici une information essentielle, Carrefour, comme de nombreux retailer, suit la classification horticole, donc les tomates sont considérées comme un légume même s’il s’agit d’un fruit issu d’une fleur fécondée. (Ainsi vous pourrez dormir ce soir sans vous retourner sur votre oreiller 15000 fois). La question sempiternelle “la tomate fruit ou légume ?” n’aura plus lieu d’être. Grâce à ces balances intelligentes, le système reconnaitra immédiatement votre tomate sans équivoque. Mais plus sérieusement, en ce qui me concerne, je trouve cette innovation assez intéressante à plusieurs points de vue.
Il y a le timing. Carrefour est en phase de renouvellement de son parc de balances, et au lieu de passer à un modèle simplement plus récent, il y a une approche de remise en question : Comment rendre l’expérience client plus agréable et simple ?
Également, ce développement parait aussi facilement atteignable. Un investissement qui n’est pas énorme par rapport à un remplacement pur et dur (je ne vais pas dévoiler de chiffres, mais croyez-moi c’est bien le cas), et aussi un développement facile à implémenter pour chaque magasin vu que le système ne requiert pas de base de donnée centralisée avec des connexions continues. Bref, l’investissement pour le groupe, mais aussi pour un franchisé est tout à fait envisageable et simple à mettre en place.
Sur des salons, en points de ventes, via des communiqués, ou des professionnels qui m’approchent en direct, je vois pas mal d’innovations et des projets de digitalisation. A mon sens, les mieux réussis sont ceux qui sont simples à implémenter, mais surtout qui ont un sens pour l’expérience client et magasin. En ce qui me concerne, ces balances intelligentes tombent dans cette catégorie.
Pour plus de photo et une vidéo de cette balance, rendez-vous sur : https://vincentpanneels.substack.com/
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