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20CENT MOOD: Plutôt le bon sens que les défis

20CENT MOOD: Plutôt le bon sens que les défis

Est-ce que t’es cap’?

Aujourd’hui commence le mois de février et ce jour marque également le départ de différents défis. Vous connaîtrez sans doute déjà la fameuse Tournée Minérale qui vous invite à passer le mois sans une goutte d’alcool. Dans le même ordre d’idée, certains auront suivi (ou suivront) le Dry January ou encore le Dry July

Mais connaissiez vous également le Février sans supermarchéqui incite à ne pas fréquenter d’enseigne du retail pendant un mois? À d’autres dates vous avez également d’autres défis tels que les Jours sans viande, et j’en passe car les exemples de challenges commencent à se démultiplier. 

Tout d’abord je ne reviens pas du tout sur le fond. Conscientiser les gens à vivre et consommer de manière durable est une noble cause et même nécessaire. Mais personnellement vous ne me verrez pas participer à ces défis. Il y a en ce qui me concerne plusieurs éléments qui me dérangent avec ces campagnes. 

 

Équilibre et modération

Alors ok. Trop de consommation de breuvages alcoolisés à des effets néfastes pour la santé, l’alcool au volant tue, dans certains cas il catalyse des conflits familiaux et tue des relations, et il n’est pas la condition sine qua non pour une fête réussie ou une célébration à succès. Trop de gras vous provoquera du mauvais cholestérol, trop de sel vous augmente votre tension, trop de viande riche vous donnera des soucis... tout ceci est vrai. Mais si vous manger sainement et équilibré, et que vous pratiquez régulièrement une activité physique, il n’est à mon sens pas un problème de se faire plaisir de temps en temps.

 

Mais un défi est-il la solution ? 

En voilà un question qui me turlupine. S’arrêter de faire quelque chose pendant un laps de temps déterminé parait suffisant. Donc le 1 mars nous pouvons de nouveau reprendre les (mauvaises) habitudes et boire sans modération? Récemment, j’ai lu une étude de marché qui indiquait qu’en général on oublie les bonnes résolutions de nouvel an après trois, voire quatre semaines. Ici après un jour c’est encore plus rapide. Et puis c’est bizarre, on vous invite à suivre le challenge pendant un mois, mais on ne vous dit rien pour le reste de l’année. Cela me donne le sentiment donc que l’on peut abandonner son nouvel équilibre et ses bonnes habitudes dès l’action du mois terminée. 

 

« Bouh les vilains ! »

Enfin, il y a ce dernier défi qui me chiffonne, ce fameux Février sans Supermarché. C’est toujours bien de taper sur ces grands méchants distributeurs qui ne sont que « des méchantes boites à faire du fric sur le dos des petits producteurs et qui tuent les petits commerçants tout en polluant». En effet, voyons un peu ces vilains méchants pas beaux supermarchés. 

Tout d’abord quand on regarde les chiffres avancés par la fédération des distributeurs Comeos dans les quotidiens cette semaine et via différents rapports, on constate que la majorité de la viande vendue dans les supermarchés en Belgique est fournie par des producteurs belges (90%), il en va de même pour le lait (84%), les œufs (76%) ou encore les légumes (64%). Les poires et pommes en rayon sont également pour la plupart originaires de notre plat pays. 

Mais continuons de regarder ces supermarchés qui ces dernières années multiplient les rayons remplis de produits venant de producteurs locaux. Chez Carrefour, l’introduction des produits locaux dans des rayons spécifiques a généré 50 millions d’euros de chiffre d’affaire en seulement quelques années. Il s’agit d’un chiffre qui a été créé et non déplacé d’autres circuits. De plus ici je ne vous cite que Carrefour, mais d’autres enseignes de supermarchés ont suivi. 

Continuons encore par pointer les efforts des supermarchés à réduire leur empreinte écologique. Par exemple, il vous est possible d’aller avec votre contenant chercher vos victuailles plutôt que de vous les fournir dans des sacs plastiques, les frigos et congélateurs sont tous dotés de portes, la chaleur de ces même machines réfrigérantes est souvent récupérée pour la chaleur du bâtiment, etc. Est-ce que les efforts des supermarchés en termes d’impact environnemental sont à continuer? Oui sûrement, mais on ne peut négliger les efforts déjà effectués.

Également, n’oublions pas que les supermarchés génèrent de l’emploi direct et indirect dans leur entourage. 

Enfin, posons-nous la question de savoir si le coupable n’est pas le consommateur? Nous cherchons la bonne affaire, la promo et toujours le prix le plus bas, ou encore nous exigeons des légumes et des fruits toute l’année sans nous soucier des saisons. Donc différentes habitudes qui poussent à réfléchir. Si les supermarchés sont coupables d’une chose, c’est d’écouter leur consommateur et de leur donner ce qu’ils veulent. 

Donc en ce qui me concerne, on ne pointe pas toujours vers les bons coupables, et ce défi Février Sans Supermarché en est un bel exemple. 

 

Pas pour moi 

En clair, les thèmes de fonds m’interpellent et je veux bien m’engager à vivre et consommer de manière consciente pour ma santé et mon empreinte sur l’environnement. Toutefois, il me semble que vivre correctement et de manière consciente est une habitude à prendre tous les jours, pas uniquement lorsque les projecteurs de campagnes à la mode sont allumés. 

 

 

 

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