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20CENT Mood Je crois en Carrefour
Saveurs et Métiers 2019

20CENT Mood Je crois en Carrefour

Malheureusement un impératif

Bain de sang, situation malsaine, infect, asocial, et également quelques noms d’oiseaux ont été lancés cette semaine pour décrire la situation chez Carrefour Belgique cette semaine. La pilule est d’autant plus difficile à avaler pour les membres du groupe en Belgique étant donné qu’il a fallu attendre deux jours après l’annonce faite par le CEO du groupe en France (où de nombreux départs auront lieu également) pour connaître le sort en Belgique.  

En effet, il s’agit bien d’une triste nouvelle pour beaucoup de travailleurs et leurs familles. Mais force est de constater que la distribution classique et les briques particulièrement n’ont pas encore réussi à trouver la formule magique qui les fera fonctionner de manière optimale dans un monde du retail en pleine transformation. Les autres retailers en Belgique ont également connu des perturbations similaires, et risquent encore d’en connaître.

 

La faute à qui ? 

Alors bien entendu, beaucoup d’analystes et du membre du personnel sautent sur l’occasion pour pointer du doigt le manque d’adaptation à l’e-commerce du groupe Carrefour. Dans un sens oui, il y a certainement eu un manque de réactivité et peut-être de mauvaises décisions. Mais c’est un peu simpliste de limiter ceci à une erreur de jugement du management.

D’abord, il ne faut pas oublier un élément essentiel, Carrefour est un grand groupe mondial, ce n’est pas une PME ou une start-up. En clair, s’adapter à un monde qui change ne sait pas se faire en deux temps trois mouvements. Faisons le lien avec la situation des grands groupes hôteliers face à des plateformes telles que Airbnb. On ne peut imaginer un groupe comme par exemple Accor fermer tous ses hôtels, les vendre en une fois et être immédiatement compétitif en devenant digital en moins d’une semaine. Bref, les grands groupes sont plus inertes que les petites structures.

Ensuite, le concept de l’hypermarché dans sa forme actuelle et du « tout sous un toit » ne répond tout simplement plus aux attentes du consommateur.

De plus, aujourd’hui peut-on me dire qui a trouvé la solution pour faire de l’e-commerce dans l’alimentaire ? Il y a certainement quelques belles initiatives, des beaux cas, mais aucun n’est encore généralisé. Croyez-moi je suis bien les grands événements de la tech mondiale et je vois de belles choses comme des nouveaux concepts de magasins connectés, des supermarchés sur roues, des drones livreurs etc. Mais les courses livrées à domicile de manière efficace et rentable cela ne se trouve pas encore. Alors comment vouliez-vous que le groupe Carrefour y soit déjà, alors que personne n’y est encore ?

 

Je crois en Carrefour (et ses confrères)

Malgré toutes ces constations lugubres, je reste optimiste pour le futur du groupe Carrefour en Belgique.

Comme expliqué plus haut, une transformation dans un grand groupe, c’est de la casse assurée. Mais saluons l’effort de se remettre en question et de vouloir s’investir dans l’amélioration des formules existantes. En Belgique Carrefour a opéré à beaucoup de remodelings de ses concepts, dont certains avec succès, et même apporté quelques solutions pour le concept de l’hyper et comment l’adapter au commerce de demain. Pensons à des magasins comme Mons Grands Prés ou Zemst par exemple. Egalement, investir autant d’argent dans l’e-commerce afin de transformer le groupe en un opérateur dans le digital devra assurer une place à l’organisation dans le commerce de demain. Mais cela devra aussi créer des opportunités d’emploi. A force de chercher, le groupe Carrefour trouvera sans doute des améliorations et des solutions.

Enfin, et là j’insiste qu’il s’agit d’un élément essentiel : le personnel de Carrefour Belgique n’est plus le même qu’avant. La situation d’aujourd’hui me rappelle la grande restructuration d’il y a quelques années chez Carrefour Belgique. A cette époque les rumeurs les plus folles avaient déjà été énoncées par un tas d’analystes et spécialistes du métier : « Carrefour Belgium est mort… ils vont sortir du pays… un grand retailer voisin qui lorgne d’entrer en Belgique va les racheter tu vas voir… non t’y connais rien, ce sera Colruyt ou Delhaize qui va les racheter tu vas voir !... ». Bref un tas de commentaires ‘visionnaires’ à classer parmi les histoires que se racontent des spécialistes de comptoir. Le personnel de Carrefour a cloué le bec de ces spécialistes et a remonté la pente à l’époque ; et il peut encore le faire aujourd’hui. D’autant plus qu’à mon sens ce personnel est encore plus malin et motivé qu’à l’époque. Une fois l’orage de colère passé des premiers jours après l’annonce (et c’est compréhensible), cela se ressentira sur le terrain.  

 

L’apocalypse du retail n’aura pas lieu

Tout ça pour dire donc que cette décision dure fut tout simplement inévitable, mais qu’il ne faut peut-être pas enterrer le groupe et le retail classique directement. Quand on se remet en question et que l’on travaille, on finit par sortir du gouffre et se créer même des opportunités.

Bien entendu, mon opinion est une parmi d’autre et je m’attends à pas mal de réactions de votre part. Mais je ne peux que concevoir une réaction positive à terme du retail classique, de Carrefour et de ses confrères qui s’intégreront dans un monde multicanal demain.

 

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